L’État amorce un ajustement du salaire minimum pour les ouvriers de la sous-traitance

Le gouvernement haïtien a annoncé, ce lundi 4 mai 2026, une revalorisation du salaire minimum dans le secteur de la sous-traitance, présentée comme une mesure centrale d’un dispositif plus large ayant pour objet de renforcer le pouvoir d’achat et à soutenir la relance économique.

© Richard Perry/The New York Times

Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 4 mai 2026 au Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES), à Delmas 75, le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, a précisé que le salaire minimum journalier dans le secteur de la sous-traitance est désormais fixé à 1000 gourdes. Cette décision, a-t-il souligné, répond à un impératif de justice sociale tout en tenant compte des contraintes économiques. Une extension progressive à d’autres secteurs est également envisagée afin de préserver l’équilibre du marché du travail.

Le ministre a insisté sur le fait que cette revalorisation ne constitue qu’un premier volet d’un ensemble de mesures d’accompagnement. Parmi celles-ci figure un appui financier direct aux ouvriers, avec une enveloppe de 625 millions de gourdes mobilisée pour les cinq derniers mois de l’exercice fiscal 2025-2026. Selon les autorités, ce soutien vise à atténuer les effets immédiats de la vie chère sur les ménages les plus vulnérables.

Dans la même dynamique, le gouvernement prévoit d’agir sur les coûts de production, notamment à travers une réduction du tarif de l’électricité dans la zone industrielle du Parc Caracol. À partir de janvier 2027, le prix du kilowattheure passera de 30 à 21 centimes de dollar, une mesure destinée à encourager l’investissement et à renforcer la compétitivité des entreprises, avec des retombées attendues sur l’emploi.

Aux côtés du ministre, la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Paulemon, assurant l’intérim au ministère des Affaires sociales et du Travail, ainsi que le directeur général du FAES, Kesner Romilus, ont réaffirmé la volonté de l’exécutif, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de concilier politiques sociales et stabilité économique.

Cette communication officielle intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le coût de la vie. Ces dernières semaines, l’ajustement des prix des carburants 725 gourdes pour la gazoline, 850 gourdes pour le diesel et 845 gourdes pour le kérosène a entraîné une hausse des tarifs du transport et des produits de première nécessité. Pour de nombreux travailleurs, ces augmentations ont accentué l’écart entre les revenus et les dépenses quotidiennes.

C’est précisément ce déséquilibre que les mesures gouvernementales entendent corriger. Là où la hausse des carburants a contribué à renchérir le coût du transport et à fragiliser le pouvoir d’achat, la revalorisation du salaire minimum et l’appui financier direct visent à redonner une marge de manœuvre aux ménages. De même, la baisse annoncée du coût de l’électricité cherche à agir en amont, en réduisant les charges des entreprises afin de limiter les répercussions sur les prix.

Toutefois, si le gouvernement met en avant une approche structurée et progressive, la question de son impact réel demeure. Plusieurs observateurs estiment que l’efficacité de ces mesures dépendra de leur mise en œuvre et de leur capacité à suivre l’évolution rapide du coût de la vie.

En misant à la fois sur des ajustements salariaux, des aides directes et des réformes structurelles, les autorités affichent une stratégie globale. Reste à savoir si celle-ci suffira à répondre durablement aux difficultés quotidiennes des travailleurs haïtiens.

FHM

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