États-Unis : Trump submergé par la “vague bleue”

À l’issue des élections américaines de mi-mandat, le Parti démocrate a remporté le contrôle des deux chambres du Congrès, de la Chambre des représentants au Sénat. Donald Trump devrait ainsi passer les deux dernières années de son mandat face à un Congrès contrôlé par l’opposition. Pour un président qui avait fait de la loyauté du Parti républicain l’un de ses principaux leviers politiques, le contraste est rude.

© Andrew Harnik / Getty Images

À l’issue des élections américaines de mi-mandat, le Parti démocrate a remporté le contrôle des deux chambres du Congrès, de la Chambre des représentants au Sénat. Donald Trump devrait ainsi passer les deux dernières années de son mandat face à un Congrès contrôlé par l’opposition. Pour un président qui avait fait de la loyauté du Parti républicain l’un de ses principaux leviers politiques, le contraste est rude.

Dans un système où le Congrès tient les cordons de la bourse, perdre les deux chambres a des conséquences. L’opposition contrôlera l’agenda législatif et les commissions dans les deux chambres. Enquêtes, auditions, blocage des budgets, l’exécutif ne gouvernera plus sans négocier. Pour la diaspora haïtienne, qui a subi la dureté des politiques migratoires de cette administration, ce rééquilibrage est une bouffée d’air. Il n’annule pas les décrets déjà signés, mais il donne enfin un contre-pouvoir institutionnel.

Ce qui frappe, c’est la réaction du président. Sa première explication tient en une phrase : il n’était pas sur le bulletin de vote, et s’il l’avait été, les républicains auraient gagné « en raz-de-marée ». Pourtant, pendant la campagne, il avait lui-même invité les électeurs à imaginer qu’il était candidat.

Puis sont venus les coupables. Il a accusé Fox News de porter la responsabilité de ces pertes. Il a aussi reproché au gouverneur du Texas, Greg Abbott, d’être devenu un « RINO », un républicain seulement de nom. Il a en outre partagé l’image d’un chapeau rouge « VETO », signe qu’il compte user de son droit de veto face au nouveau Congrès.

À l’inverse, certains médias rapportent qu’il aurait dit accepter les résultats et vouloir travailler avec les démocrates. Entre ces deux Trump, celui qui tend la main et celui qui brandit le veto, lequel dominera ? La réponse déterminera si Washington sera paralysé ou capable de compromis.

Néanmoins, il faut rester lucide. Dans l’histoire américaine, le parti du président perd souvent du terrain aux élections de mi-mandat, ce n’est pas propre à Trump. Ses défenseurs diront que ces scrutins sont locaux, que les candidats comptent plus que lui, et que son mouvement reste puissant dans la base républicaine. Ces arguments ne sont pas sans valeur.

Mais une chose est difficile à contourner : le mouvement MAGA, qui se voulait irrésistible, a montré ses limites dans les urnes. Un chef qui explique chaque revers par la faute des autres finit par se couper de ceux qui pourraient l’aider à se corriger.

Il convient toutefois de préciser que cette nouvelle majorité démocrate ne prendra officiellement ses fonctions que le 3 janvier 2027, date d’entrée en fonction du 120e Congrès. D’ici là, les républicains conservent le contrôle des deux chambres sortantes. Les démocrates ont donc remporté la bataille électorale, mais leur prise de contrôle institutionnelle reste à venir.

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