Aujourd’hui, 1er avril 2025, la procureure générale des États-Unis, Pamela Bondi, a pris la décision d’ordonner aux procureurs fédéraux de requérir la peine de mort à l’encontre de Luigi Mangione, homme de 26 ans accusé d’avoir assassiné Brian Thompson, le directeur général de UnitedHealthcare. Ce meurtre, survenu le 4 décembre 2024 à Manhattan, New York, voici un retour détaillé sur cette affaire, ses implications et le contexte qui l’entoure.
Brian Thompson, âgé de 50 ans, était une figure influente dans le secteur de l’assurance santé privée aux États-Unis. En tant que PDG de UnitedHealthcare depuis 2021, il dirigeait une entreprise qui assure près de 51 millions d’Américains et génère des revenus colossaux – 281 milliards de dollars en 2023. Le matin du 4 décembre 2024, alors qu’il se rendait à une conférence des investisseurs dans le centre de Manhattan, Thompson a été abattu de sang-froid devant l’entrée du Hilton Midtown. L’assaillant, identifié plus tard comme Luigi Mangione, a utilisé une arme à feu non traçable, équipée d’un silencieux fabriqué via une imprimante 3D, avant de prendre la fuite à vélo électrique.
Les douilles retrouvées sur la scène du crime portaient les inscriptions « deny », « delay » et « depose » (refuser, retarder, destituer), des termes souvent associés aux critiques des pratiques des assureurs santé américains, accusés de privilégier les profits au détriment des patients. Ce détail a immédiatement orienté les enquêteurs vers un mobile idéologique, une hypothèse confirmée par la découverte d’un carnet sur Mangione lors de son arrestation. Dans ce carnet, il exprimait une hostilité marquée envers le secteur de l’assurance santé, dénonçant un système qu’il jugeait « parasitaire » et responsable de souffrances généralisées.
Mangione, arrêté le 9 décembre 2024 dans un McDonald’s à Altoona, en Pennsylvanie, après une chasse à l’homme de cinq jours, portait sur lui une arme correspondant à celle utilisée dans l’attaque, ainsi qu’une lettre aux autorités dans laquelle il affirmait avoir agi seul.
Les charges et la double procédure judiciaire
L’affaire Mangione est exceptionnelle à plus d’un titre, notamment en raison de la double poursuite judiciaire dont il fait l’objet. Au niveau de l’État de New York, un grand jury l’a inculpé de onze chefs d’accusation, dont « meurtre en tant qu’acte de terrorisme », une qualification rare qui reflète l’intention présumée de l’accusé de semer la peur et d’attirer l’attention sur ses griefs. S’il est reconnu coupable dans cette juridiction, il risque la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle, New York ayant aboli la peine de mort pour les crimes d’État.
Parallèlement, les procureurs fédéraux ont déposé leurs propres accusations, incluant meurtre, harcèlement et possession illégale d’arme à feu. C’est dans ce cadre que Pamela Bondi, procureure générale sous l’administration Trump, a décidé, ce 1er avril 2025, de requérir la peine capitale, une option que le système fédéral américain permet encore.
Lors de sa comparution devant un tribunal fédéral le 19 décembre 2024, puis devant la justice de l’État de New York le 23 décembre, Mangione a plaidé « non coupable » à toutes les charges. Son avocate, Karen Friedman Agnifilo, a dénoncé une politisation de l’affaire, accusant les autorités, y compris le maire de New York Eric Adams, de faire de son client un « pion politique » dans un contexte où les frustrations envers les assureurs santé sont à leur paroxysme.
Une affaire qui divise l’opinion publique
Le meurtre de Brian Thompson et les poursuites contre Luigi Mangione ont cristallisé les divisions au sein de la société américaine. D’un côté, Thompson, père de famille et dirigeant respecté dans les milieux d’affaires, a été pleuré par ses collègues et proches, qui ont condamné un acte de violence insensé. De l’autre, Mangione a reçu un soutien surprenant de la part de certains segments de la population, qui y voient une forme de révolte contre un système de santé perçu comme injuste et oppressif.
Sur les réseaux sociaux, l’expression « Free Luigi » est devenue virale, accompagnée de collectes de fonds ayant récolté des dizaines de milliers de dollars pour sa défense. Des manifestations sporadiques ont eu lieu devant les tribunaux, certains participants arborant des pancartes proclamant : « Les pratiques de l’assurance santé terrorisent la population. »
Les autorités, cependant, ont fermement condamné cette vague de sympathie. Le procureur de Manhattan, Alvin Bragg, a qualifié le meurtre de « prémédité et effrayant », tandis que la police de New York a exprimé dans une note interne sa crainte que Mangione ne devienne un « exemple à suivre » pour d’autres individus radicalisés.
La décision de Pamela Bondi : un signal fort
L’intervention de Pamela Bondi dans cette affaire ne passe pas inaperçue. En ordonnant aux procureurs fédéraux de demander la peine de mort, elle envoie un message clair : les actes de violence ciblée contre des figures du monde des affaires ne seront pas tolérés.
Pour les défenseurs de Mangione, cette annonce est une tentative de détourner l’attention des véritables problèmes mis en lumière par l’affaire – à savoir les failles du système de santé américain. Pour ses détracteurs, elle est une réponse nécessaire à un crime d’une gravité exceptionnelle, qualifié par certains de « terrorisme intérieur ».
En réaction, Karen Friedman Agnifilo, avocate de Luigi Mangione, a dénoncé la décision du ministère de la Justice de requérir la peine de mort comme un acte de « barbarie » politique, allant à l’encontre des recommandations des procureurs locaux et des principes juridiques. Elle accuse le gouvernement de défendre un système de santé « immoral et meurtrier » tout en orchestrant un « meurtre prémédité » contre son client, pris au piège d’un conflit entre autorités étatiques et fédérales.
Pendant ce temps, l’héritage de Brian Thompson et les pratiques de UnitedHealthcare continuent d’alimenter les discussions, dans un pays où le coût des soins de santé reste l’une des préoccupations majeures de la population.
Manman Focus ap byen lage wi laaa depi kek tan. Bon bagay ti mesye. Pouse pou pi douvan
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