25 ans après le 11 septembre : l’Amérique se souvient

Ce vendredi marque exactement 25 ans depuis les attentats qui ont frappé les États-Unis le 11 septembre 2001. Un quart de siècle après la tragédie, le pays s’arrête pour se recueillir, alors que les blessures laissées par cette journée continuent de façonner la société américaine.

Crédit Photo : Archives Le Soleil

Le matin du 11 septembre 2001, quatre avions de ligne ont été détournés par des membres du groupe terroriste Al-Qaïda. Deux appareils ont percuté les tours du World Trade Center, à New York, provoquant leur effondrement. Un troisième avion s’est écrasé sur le Pentagone, siège du ministère de la Défense américain, près de Washington. Le quatrième, visant probablement le Capitole ou la Maison-Blanche, s’est écrasé dans un champ près de Shanksville, en Pennsylvanie, après que des passagers ont tenté de reprendre le contrôle de l’appareil. Au total, ces attaques ont causé la mort de 2 977 personnes, un bilan qui reste, un quart de siècle plus tard, le plus lourd jamais causé par un attentat terroriste sur le sol américain.

Dans les mois qui ont suivi les attaques, le gouvernement américain a profondément transformé son organisation en matière de sécurité. Le président George W. Bush a lancé la “guerre contre le terrorisme”, qui a conduit à l’invasion de l’Afghanistan en octobre 2001 pour renverser le régime des talibans, accusé d’avoir abrité les responsables des attentats. Cette guerre s’est ensuite étendue à l’Irak en 2003, sous prétexte de la présence d’armes de destruction massive, jamais retrouvées par la suite.

Sur le plan intérieur, le Congrès a voté le Patriot Act, une loi élargissant considérablement les pouvoirs de surveillance des autorités fédérales, souvent critiquée depuis pour son impact sur les libertés individuelles. En 2002, le gouvernement a créé le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security), chargé de coordonner la lutte contre le terrorisme sur le territoire national. Les contrôles dans les aéroports ont été renforcés de façon permanente, donnant naissance à la Transportation Security Administration (TSA), toujours en fonction aujourd’hui.

Ces choix politiques ont eu des conséquences durables : deux guerres longues et coûteuses, des débats persistants sur l’équilibre entre sécurité et libertés, et une transformation profonde des relations des États-Unis avec le Moyen-Orient.

Vingt-cinq ans plus tard, la mémoire du 11 septembre reste vive. À New York, une cérémonie s’est déroulée ce matin sur l’esplanade du mémorial du World Trade Center, où des membres des familles des victimes se sont réunis pour lire à voix haute les noms des 2 983 personnes tuées lors des attentats de 2001 et de l’attentat à la bombe de 1993 contre le World Trade Center.

La cérémonie a été marquée par plusieurs moments de silence, correspondant aux instants où chaque tour a été percutée puis s’est effondrée, ainsi qu’aux heures de l’attaque du Pentagone et du crash du vol 93. Pour la première fois cette année, un moment de silence supplémentaire a été observé pour honorer les personnes décédées des suites de maladies liées au 11 septembre, un rappel que les conséquences sanitaires de la catastrophe continuent de faire des victimes parmi les secouristes.

Des cérémonies similaires se sont tenues au Pentagone, en présence du président Donald Trump, ainsi qu’en Pennsylvanie, sur le site du crash du vol 93. Fait notable, plusieurs anciens présidents, Joe Biden, Barack Obama, Bill Clinton et George W. Bush, ont assisté ensemble à la cérémonie de New York, un geste symbolisant l’unité nationale face à cet anniversaire particulier.

Au-delà des cérémonies officielles, cette 25e année a donné lieu à une réflexion plus large sur la manière dont l’attentat a transformé la société américaine. Des initiatives comme la tournée d’une poutre d’acier authentique provenant du World Trade Center à travers plusieurs villes américaines visent aussi à transmettre la mémoire de l’événement aux générations nées après 2001, pour qui cette journée relève désormais de l’histoire plutôt que du souvenir vécu.

FHM

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